Fontaine de la tourraque à Antibes

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Histoire 
Jusqu'à la fin du 18e siècle, la ville d'Antibes n'était alimentée que par une seule source connue depuis l'antiquité, située au bas de la rue Vauban. Aujourd'hui, l'eau courante dans toutes les maisons a fait oublier le rôle des fontaines et leur importance dans la vie quotidienne d'autrefois, surtout dans une ville fortifiée comme l'était Antibes jusqu'à la fin du 19e siècle. En 1784, la nécessité de construire une fontaine au quartier de la Tourraque «qui est sans contredit un des plus peuplés de la ville et avoisiné de trois magasins à poudre», s'impose. En 1829, la maire d'Antibes Glanjaud fait remarquer que, malgré une infinité de délibérations prises par le conseil municipal, la construction de cette fontaine en est toujours au même point, c'est-à-dire à l'état de voeu pieux. 

Le ministère de la guerre sollicité

Depuis plus de 40 ans, les habitants de la Tourraque attendent, avec impatience, la réalisation de ce projet. Dans la séance du 19 mai 1825, il était envisagé de solliciter l'aide du ministre de la guerre pour prendre en charge une partie de la dépense. Le devis dressé à la demande de l'officier supérieur du génie en 1826 s'élevait à 5500 Francs. Le ministre aurait financé 1.500 Francs de travaux, le reste étant supporté par la commune.

Dans sa séance du 13 juin 1826, tenue à Paris, le comité du génie constatait «qu'il n'y avait pas de motif d'urgence suffisant pour que le département de la guerre intervînt dans la construction de la fontaine projetée». A l'issue d'une longue discussion, le 7 mai 1829, la municipalité Glanjaud décidait, à l'unanimité, que cette fontaine serait construite.

Les surprises du sous-sol

Le devis dressé, le 28 avril 1829, par Jacques Quine, architecte à Grasse, s'élevant à la somme de 4500 Francs «est approuvé dans son ensemble et les travaux devront être terminés au moins au 31 décembre 1831». Jean-François Roux, maître maçon de la ville d'Antibes, se rendit adjudicataire de ces travaux lors de leur mise aux enchères. «Il commença l'exécution et poursuivit les ouvrages avec la plus grande activité dans l'intention de procurer le plus tôt possible aux habitants de la ville et surtout à ceux du quartier de la Tourraque l'avantage d'avoir de l'eau».

Malheureusement, le creusement du canal ne s'avéra pas aussi facile que ce qui avait été prévu initialement. Les 3/4 du canal ont pu être creusés dans la terre tel qu'il est dit au devis «ensuite on a trouvé du rocher très dur à 1 mètre 50 centimètres de profondeur sous le pavé». Dans sa séance extraordinaire du 6 février 1831, le conseil municipal, à l'unanimité acceptait la résiliation du bail souhaitée par l'entrepreneur qui recevra en plus, en compensation, la somme de 150 Francs pour l'extraction des rochers effectuée non comprise dans le marché initial.

Le maire fera dresser un nouveau devis «qui, en élevant le volume d'eau nécessaire au moyen d'une roue ou papillon, permettre d'établir une nouvelle fontaine».

Enfin !

Un nouveau projet sera élaboré et le devis dressé par Jean-Baptiste Moreau, le 3 août 1851, s'élevait à 7.064 Francs. «L'eau qui devra alimenter cette fontaine sera prise à l'aqueduc qui fournit aux fontaines déjà existantes, et au-dessus du moulin appartenant à la commune, au moyen d'une roue hydraulique qui servira à élever les eaux par le jeu de deux pompes à 3 m au-dessus du niveau existant». L'adjudication pour la construction de la fontaine, le 5 octobre 1831, sera enlevée par Nicolas Pégulu qui avait consenti le rabais le plus important : 21 1/4 %. Cette fois, les travaux seront conduits à leur terme.

Le 19 mars 1853, M. Bonnavie, l'expert délégué par le sous-préfet de l'arrondissement de Grasse, reconnaîtra que l'adjudication avait respecté les prescriptions du devis et du cahier des charges et que tous les ouvrages étaient conformes aux règles de l'art.

Il y avait enfin une fontaine au quartier de la Tourraque après une attente de plus d'un demi-siècle.

Sources : archives municipales d'Antibes

  Nice-Matin  

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